Fragment(s) – Soir 2 – À bouche que veux tu – Notre Foyer

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  • Date 9 et 10 novembre 2016 (7 et 8 novembre au Carreau du Temple / 15 et 16 au Grand Parquet puis au CENTQUATRE-Paris / 19 et 20 à La Loge / 21 et 22 à Mains d'Oeuvres / 23 et 24 au CENTQUATRE puis au Grand Parquet)
  • Jeune Théâtre National
  • Compagnie METAtarses
  • Conception et chorégraphie Sandra Abouav
  • Avec Aurelio Elder Copes, Jérémie Gardelli, Claire Malchrowicz, Joana Schweizer, Raphaël Soleilhavoup
  • Musique Aurelio Eldes Coper
  • Costumes Claire Daguerre
  • Production, diffusion Adélaïde Vrignon
  • Compagnie Les divins Animaux
  • Texte et mise en scène Florian Pautasso
  • Avec Stéphanie Aflalo, Nicolas Avinée, Elsa Guedj, Ava Hervier, Ida Pelliccioli
  • Création lumière Philippe Ulysse
  • Production, diffusion Claire Nollez - Maison Jaune
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Troisième soirée du Festival Fragment(s) #4, qui propose chaque soir entre le 7 et le 24 novembre 2016, dans l’un des six théâtres partenaires, deux formes courtes en cours de création. Ce soir, le festival prenait place dans la petite salle du Jeune Théâtre National, où étaient présentées : A bouche que veux-tu et Notre Foyer. Deux formes radicalement différentes : l’une dansée, l’autre dramatique. Deux ébauches oniriques et prometteuses.

 

La première : A bouche que veux-tu de la compagnie METAtarses a été conçue et chorégraphiée par Sandra Abouav.

 

La scène est habitée par quatre comédiens aux postures sculpturales. Le guitariste, seul debout, attend longtemps que le silence s’installe et pénètre l’atmosphère. Soudain rugit la guitare qui réveille les corps endormis. Le musicien fait claquer l’instrument comme une percussion, tantôt à la double pédale, tantôt au bottleneck, le son explore l’inconnu comme ces corps, leurs humanité.

Pas d’artifice ici, on joue et le public s’en amuse.

En quatuor, trio, duo ou solo, la bouche ouverte, le souffle comme gouvernail, les corps tendus ou souples, on les observe voyager à l’écoute de leurs envies.

Ils tentent de dire : forcés de vivre par un bâillement incessant, communiquer leurs intentions est difficile pour ces incompris. Malgré tout à travers leurs progressions, le chœur se développe et crée un langage par onomatopées répétées. Un réel travail sensible sur l’évolution biologique humaine.

En cours de création et donc de progression, A bouche que veux-tu est prévu dans sa forme définitive à Mains d’Œuvres en mars 2017.

 

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© Laurent Paillier – Fondation Royaumont

 

La seconde forme présentée est : Notre Foyer de la compagnie des divins Animaux, conçue et mise en scène par Florian Pautasso.

 

Trois femmes, deux hommes, une pianiste, assis, le regard dans le vide, ils attendent leur tour. Un rétroprojecteur éclaire une feuille paperboard, la première comédienne se lève, elle y dessine des formes abstraites, puis, saisissant le combiné téléphonique posé au sol, elle raconte, ou plutôt montre, par les mots… Accompagnés des notes emportées de la pianiste, les mots donnent vie aux rêves, la parole illustre et donne à voir, mieux que n’importe quel décor, les rêves qui se dessinent et se racontent devant nous.

Dans un univers qui pourrait être le nôtre, deux jeunes femmes construisent leur avenir. L’une crée et imagine la maison de ses rêves : dôme lumineux et naturel, retiré au fin fond d’une forêt luxuriante. L’autre planifie son voyage à travers le monde, un voyage dangereux et sans retour, décidé au hasard du crayon sur une feuille. Les deux parcours s’opposent, deux conceptions de la vie et de l’avenir contradictoires qui vont pourtant se rencontrer, car les deux jeunes femmes sont amies et s’imaginent accompagnées l’une de l’autre.

Une fable poétique et presque pessimiste sur le rêve, la jeunesse et la vie (ou la mort : l’une la bravant dans l’aventure, l’autre l’attendant dans sa retraite), merveilleusement servie par des comédiens tous aussi investis les uns que les autres.

Encore en écriture, la pièce promet de belles choses à venir. Un projet final prévu pour avril 2018 aux Subsistances de Lyon et qui, nous l’espérons, suivra rapidement à Paris.

 

Co-écrit avec Swann Kerboeuf

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