« Festival fragments » Entretien avec Lucas Bonnifait et Diane Landrot

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Créé et co-organisé par La Loge et Mains d’Oeuvres, Le festival FRAGMENT(S) est motivé par l’envie de créer une dynamique de circulation des projets artistiques permettant à des équipes, en tout début de création et de production d’un projet, de montrer une étape de travail à un plus grand nombre de spectateurs et de professionnels.

FRAGMENT(S) veut faire partager avec les compagnies programmées ce moment particulier où le spectacle n’est pas complètement achevé, encore fragile et en questionnement. Un moment unique dans un processus de création artistique.

 

Après trois éditions, FRAGMENT(S) reprend du 7 au 24 novembre 2016 avec quatre lieux partenaires : le Théâtre Paris-Villette, le Jeune Théâtre National, le Carreau du Temple et le CENTQUATRE-Paris. Chaque lieu accueillera, sur deux dates, deux “fragments” de spectacles proposés par les autres salles, soit douze projets au total. »

 

Lucas Bonnifait – Co-directeur de La loge – et Diane Landrot – Responsable du spectacle vivant à Mains d’Oeuvres – répondent à nos questions au théâtre de La loge.

 

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Comment est né ce festival ?

 

Diane Landrot

Fragment(s) est un festival qu’on a créé il y a 4 ans. On a beaucoup accompagné les compagnies de théâtre dans leurs recherches esthétiques… On s’est confronté à la même problématique que rencontrent ces jeunes compagnies de faire tourner leurs spectacles et de rencontrer le plus de professionnels possible pour se développer. On s’est dit qu’avec le lien qu’on a avec certaines structures on pouvait les aider à faire tourner leurs projets en s’associant entre lieux pour leur permettre de jouer dans des théâtres auxquels ils n’auraient pas eu accès tout de suite.

Le principe c’est de proposer des formes en cours, en travail. L’idée est de permettre aux compagnies de jouer leur projet dans un théâtre partenaire du festival. Sous cette forme, ce festival existe depuis deux ans. Les deux premières années on travaillait dans trois lieux : La loge, Mains d’œuvres et le Théâtre de Vanves. Ce sont La loge et Mains d’Œuvres qui coordonnent le projet depuis l’année dernière et il y a des structures qui peuvent se joindre à nous pour accueillir des équipes.

 

 

Quels critères pour ces lieux ?

 

Lucas Bonnifait

Globalement, c’est libre : ceux qui veulent nous rejoindre nous rejoignent… après ce sont des lieux qui sont censés soutenir « l’émergence ».

Bon aprés je pense qu’il faut qu’on arrête de dire « émergence », ce sont de jeunes équipes mais pas forcément… Je trouve que ce mot est un peu galvaudé à force. Ce sont des équipes en début de carrière, ils ont besoin de monter leur projet derrière… bon c’est vrai elles sont quand même « émergentes ». (rires)

Non c’est vrai l’idée c’est de permettre aussi à ces compagnies qui n’ont pas été aidées par des institutions d’avoir une date à Paris et de monter une co-prod c’est tout.

 

 

Comment ces projets sont-ils sélectionnés ?

 

Lucas Bonnifait

Les structures* arrivent avec 3 ou 4 projets, on se réunit autour d’une table pour en choisir deux par structure (théâtre partenaire). Aussi pour que tout le monde soit d’accord sur la programmation. Après on fait la répartition, quelle équipe joue dans quel lieu.

 

 

D’où viennent ces compagnies ?


Diane Landrot

Il y a des compagnies alsaciennes, des compagnies bretonnes, mais aussi beaucoup de compagnies parisiennes/franciliennes. Le choix n’est pas du tout fait par critère de région.

 

 

Quels sont les critères pour le choix des projets ?


Lucas Bonifait

Ce sont des projets qui ne sont pas commencés ou à peine et que les structures accompagnent sur du long-terme. Avec ces 3 ou 4 projets, on les étudie tous ensemble. On n’a pas du tout de thématique, de ligne du projet etc… L’idée est que tel lieu a envie de travailler avec telle compagnie et que ça puisse convenir à tout le monde pour faire une programmation commune en accord avec ce qui est proposé. Il faut qu’on puisse les regarder – peu importe si c’est de la danse, du théâtre, de la performance – les 2 projets présentés lors d’une même soirée ne doivent rien avoir en commun… En fait il faut que ce soit des projets qui soient en étape de travail, mais pas en étape d’écriture.

 

 

Comment peut-on déterminer qu’un spectacle est en étape de travail ?

 

Lucas Bonnifait

Ca doit être un spectacle qui n’a pas été joué.

 

Diane Landrot

Au niveau des temps de répétitions, on a souhaité que chaque structure propose la même durée (5 demi-journées). Après, ça dépend des lieux, de leurs moyens etc. Par exemple, il y a volontairement très peu de projos etc. Les compagnies ont la même enveloppe, peu importe l’endroit où ils jouent. Il y a une base qui est commune en termes de temps de répétitions et d’argent.

 

 

Comment faites-vous pour rendre cela équitable justement ?

 

Lucas Bonnifait

Il y a une charte, une convention signée entre tous les lieux qui accueillent ce festival pour avoir le même temps technique

.

Diane Landrot

Tout ce qui est administratif et communication, c’est coordonné uniquement par Mains d’œuvres et La Loge pour permettre d’avoir une cohérence par rapport au festival. Par rapport au plateau, il y a une différence : certains projets nécessitent un plateau plus grand, mais globalement les projets s’adaptent aux lieux. Au niveau de l’artistique de ce qu’il y a au plateau, c’est libre.

 

 

Est-ce que ces pièces en chantier l’an dernier ont été achevées ?

 

Lucas Bonnifait

C’est le but. Par rapport à l’année dernière elles ont toutes été achevées. Au moins, elles ont été toutes reprises soit tout de suite, soit l’année d’après.

 

 

Est-ce qu’il y a un suivi derrière par les lieux ?

 

Lucas Bonnifait

L’idée c’est de soutenir le travail jusqu’au bout, parce que ce qu’on ne voulait surtout pas c’est que le festival serve uniquement de plateforme d’essai. Ce sont des compagnies avec qui les lieux ont envie de travailler et d’accompagner les projets. Ainsi, ils ont déjà quoi qu’il arrive un lieu d’accueil pour présenter leur travail final, qui est la structure qui les a choisis pour ce festival.

 

 

Quels financements ?

 

Diane Landrot

C’était porté au début par les trois lieux, le Thèâtre de Vanves, Mains d’Oeuvres et La Loge. Une association d’envies et une logique de partage. En partenaire institutionnel, l’an dernier il y avait ARCADI dans le cadre du fond de soutien d’initiatives à la recherche. Cette année, on a la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et l’apport de chacun des lieux à hauteur de ses moyens.

 

 

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

 

Lucas Bonnifait

On cherche de l’argent. (Rires)

 

 

Ahhh ! Mais justement comment ça va vous ?

 

Lucas Bonnifait

Bah on est tout le temps dans la merde mais un peu moins cette année. Concrètement il nous manque 10 000 euros pour clore le budget 2016 et c’est dans deux mois… L’année dernière c’était monstrueux, il nous a manqué environs 40 000 € (pour la loge) et 50 000 € pour Mains d’Œuvres. C’était pas parce qu’on a mal géré, personne n’était payé vraiment à la hauteur du travail, c’est une histoire de lieu je pense. C’est récent à La Loge, c’est une initiative privée, donc on a dit qu’ils aident sans savoir aider. Maintenant on un peu plus aidé, il y a des subventions de la région, et il faut que le projet se développe.

 

Diane Landrot 
Mains d’Oeuvres, c’est pareil, c’est un projet qui a petit à petit obtenu du public, mais qui fonctionne avec des recettes propres – le budget se crée chaque année. On continue de soutenir des équipes et on se met ensemble pour créer des projets.

 

Lucas Bonnifait 
Quand on a repri le festival Fragment(s) il y a 2 ans, on était dans une grande difficulté financière, on s’est demandé si on n’allait pas fermer dans 2 mois.

 

 

Combien de visiteurs attendez-vous cette année ?

 

Lucas Bonnifait

On est sur 12 soirées en 3 semaines…

 

Diane Landrot

Ca fait à peu près 1000 personnes.

 

 

In’challah !

 

Diane Landrot/Lucas Bonnifait

In’challah !

 

Retrouvez toute la programmation du festival ici

* Théâtre Paris-Villette / Jeune Théâtre National / La Loge / CENTQUATRE-PARIS/ Mains d’Œuvres

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