Kohlhaas

La Loge

  • Date du 4 au 14 octobre 2016

Michael Kohlhaas, ce nom digne d’un blockbuster américain est celui d’un vendeur de chevaux, installé en Allemagne. D’un riche propriétaire qui décide un beau jour d’aller vendre ses deux pures races si précieux à ses yeux au marché de Dresde. Mais les choses ne vont pas se passer ainsi. Puisque sur la route, le bourgeois se heurte à un baron, à qui il abandonnera aussi bien ses belles bêtes que son fidèle valet. Ses montures perdues, ce dernier criera à l’injustice, pour ensuite se révolter, se venger jusqu’à se tacher les mains de sang.

 

Pour narrer cette aventure épique, se trouve une comédienne seule face aux spectateurs. La scénographie en soi minimaliste, se compose, quant à elle, d’un bloc noir sur lequel repose une chaise, entourée de deux amplis. Ainsi tout semble reposer sur la capacité de la comédienne à captiver l’attention du public pour lui conter ce récit et l’emmener dans cet univers ambiguë. Ce monde loin de nos préoccupations contemporaines, où la violence semble encore monnaie courante, bien que l’on attende avec impatience l’arrivée du postier en voiture.

 

Droits réservés.

(Crédit photos : D. R.)

 

 

Un défi difficile que la comédienne, malgré des débuts un peu hésitants, relève avec brio par une gestuelle dynamique mais aussi des variations de voix. Lorsqu’elle conte avec force détails, une bataille violente et ses stratégies macabres, elle explose, semble une lionne enfermée dans une cage, animée par la même rage que les combattants. La voilà à se balancer de gauche à droite, les cheveux ébouriffés, le visage doré. Alors nous imaginons, au fil de ses paroles, ce combat, fascinés par cette violence aussi noire que belle.

 

Si la thématique du spectacle semble l’injustice sociale, nous nous questionnons tout de même sur le traitement qu’en fait cette pièce. Comme si nous avions la sensation de rester un peu sur notre faim. Certes, dans les faits, nous voyons peu à peu Michael Kohlhaas évoluer, du marchand honnête, qui se tourne tout d’abord vers l’institution judiciaire par le biais d’un avocat, pour ensuite, alors épris par une soif de vengeance, former une armée de plus en plus cruelle. Certes, la pièce montre aussi des scènes plus intimistes, aussi obscures que poétiques, où la comédienne tente de nous exprimer le ressenti de son héros, qui a comme des épingles dans le corps suite à cette perte. Néanmoins, peut-être car l’injustice sociale semble un sujet qui traverse régulièrement l’actualité, des suicides à Pôle emploi au phénomène de radicalisation, nous aimerions entrer plus encore dans la pensée et le cœur de cette figure universelle ; ce Michael Kohlhaas, qui pourrait un beau jour, être nous.

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