l’école des femmes

Autres théâtres

  • Date Jusqu'au 12 juin 2016

C’est à l’Epée de Bois, à la cartoucherie de Vincennes que Les tréteaux de France font leur Grande Escale du 26 mai au 2 juillet. Aujourd’hui et ce jusqu’au 12 juin, ils présenteront leur travail autour de « L’École des femmes », en collaboration avec le Théâtre National Populaire (TNP).

 

Entre rigueur de la langue, celle de Molière et liberté de ton, celle d’une troupe ambulante chargée de rencontre et d’histoire, le spectateur voyagera dans le temps tout en restant là, présent, conscient et témoin d’une réflexion intemporelle : comment appréhender l’autre ? Son rapport au désir ? Sa place dans le monde ? Son évolution croissante ou décroissante ? Quel rapport avons-nous aujourd’hui avec nos morts ? Nos ancêtres ? Notre passé ?

 

Une comédie sous le signe d’une réflexion sentimentale. « Arnolphe », aristocratiquement « Monsieur de la Souche » rêve du bonheur conjugal sans subir d’adultères. Pour cela, il élève Agnès dans l’ignorance dans le but d’épouser. Le cœur de celle-ci finira par choisir un autre prétendant.

 

Un dispositif fort intelligent

 

Dans la nécessité d’offrir un spectacle unique et ambulant, adaptable à tout espace scénique, les scénographes vont mettre en œuvre un dispositif fusionnant le tréteau de Molière issu de la Commedia dell’Arte et l’iconographie du plateau issu du théâtre du Nô. Un espace dans l’espace donc, un tréteau sur un plateau, des paravents.

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Une sorte de ville en miniature qui mobilise l’imaginaire du spectateur et renforce la pertinence du propos qui de fait devient intemporel. Car ce dispositif à tout d’abord le mérite de mettre le propos au centre du jeu. Il sert sur un plateau la langue et la réflexion de l’auteur comme un plat à point sans surplus de fritures ni autres sauces bon marché. Il ne prémâche pas l’interprétation et la réflexion du spectateur. Au contraire, il ouvre le champ des possibles en restituant une histoire dans un espace scénique.

 

Une liberté de ton

 

C’est dans une liberté de ton qui colore et re-questionne ces vers sans caricaturer ni oublier la rigueur que demande l’alexandrin. Les acteurs vont s’accaparer et porter haut le texte et de la musique langagière de Molière avec énergie et jouissance. Ils vont transporter la réflexion de l’auteur en incarnant sans juger, en mettant un zeste d’humanité dans leurs personnages, ce qui les rend avant tout vivants.

 

Et c’est comme cela que le texte nous parvient, comme cela que ce spectacle donne à voir et à entendre sans caricaturer le propos, sans placer le spectateur en position de voyeur d’une histoire dépassée par le temps. Les acteurs vont trouver leur liberté corporelle dans cette contrainte d’espace. Ils vont nous offrir une palette de jeu, des projections d’images et une véritable énergie communicative.

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