Toneru

La Loge

  • Date Du 24 au 27 mai 2016

Toneru veut dire tunnel en japonais. C’est ainsi que le spectateur est plongé dans un espace temps dilaté par les interventions de 5 comédiens. Ils vont se laisser aller à des confidences, des discours, des actions, des danses, des chants. Ils vont se fuir et se trouver, jouer et laisser libre à leur imaginaire.

 

Cette mise en scène nous offrira une musicalité, une rythmique qui jongle entre l’euphorie d’une logorrhée et la jouissance d’un silence. Elle mettra en valeur cette quête de l’expression en ouvrant le champ des possibles. Un micro suspendu en fond de scène, des costumes et des objets entrant et sortant comme des entités vivantes, intrusives et constructives, dessinant l’espace de jeu comme des couleurs sur un tableau.

 
En partant d’eux-mêmes, les cinq protagonistes vont se raconter en frôlant l’auto-caricature. Ils feront théâtralité en poussant le réel au surréalisme d’une cohabitation obsessionnel. Le désir et la nécessité d’être ensemble, de rêver et faire jeu dans un espace ouvert et clos.

Ouvert, puisque les 5 comédiens s’adressent directement au public. Ils ouvrent leurs portes les plus intimes au spectateur et traversent l’espace scénique comme on traverse une rue peuplée de monde. Ils raconteront des anecdotes, partageront des questions, des doutes, des points de vues et des émotions personnelles. Ils joueront à jouir de leur obsession jusqu’à en perdre le contrôle.

Clos, puisqu’ils s’enferment dans leur obsession justement, dans une logorrhée significative qui au bord de la folie joue avec l’impression et la perception du spectateur comme deux notes sur un piano.

Un rapport direct au spectateur qui ne trouve pas véritablement de points d’accroches ni de portes de sorties pour entrer à nouveau.

 

Et c’est en cela que cette pièce, à mon sens, requestionne à travers sa mise en scène la place d’une obsession passagère dans un espace absurde où liberté d’action et contrainte de réaction se confondent et s’affrontent dans le temps. Le désir de raconter, de faire spectacle, de chercher et trouver rapidement sa place et par la même occasion celle du spectateur fini par se perdre dans l’émotion même de cette quête de narration.

 
Enfin, si les cinq protagonistes cherchent leur note sans clé de sol durant tout le spectacle, ils offriront au spectateur une partition pleine de surprises et de dérisions. Ils finiront ce spectacle en chœur et délaisseront leur obsession l’espace d’un instant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *