FESTIVAL OUTRE MER VEILLE

 

 

 

 

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« Il est maintenant urgent d’oser se connaître soi-même, d’oser s’avouer ce qu’on est, d’oser se demander ce qu’on veut être. Ici, aussi, des hommes naissent, vivent et meurent. Ici aussi se joue le drame entier. »

Suzanne Césaire

 

Le festival Outre-Mer Veille, aura lieu les 26, 27 et 28 Mai prochains au théâtre Le Tarmac. A l´affiche trois spectacles par et/ou sur des artistes martiniquais : « Suzanne Césaire, Fontaine Solaire » mis en scène par Hassane Kassi Kouyaté, « Abstraction » de David Milôme et le Mano Césaire Sextet, fondé par Mano Césaire.

La Martinique est située dans les Caraibes, l´histoire de sa domination commence en 1502, lorsque   Christophe Colomb débarque, et qu´il la baptise alors  » Martinique ». L´histoire de l´île, préalablement peuplée par des tribus venues d´Amérique du Sud, est définitivement marquée par les dominations successives des grandes puissances colonisatrices européennes : La France, L´Angleterre, l´Espagne et le Portugal.

L´histoire et l´économie de la Martinique sont marquées par ces dominations : La traite forcée d´hommes que les colons amènent d´Afrique, (dès 1635 par l´Espagne) jusqu´en 1848 (officiellement l´abolition de l´esclavage). Et bien plus important et significatif pour la vie sociale de la population martiniquaise, la fin de l´application du Code de l´Indigénat en 1945.

Après 1945, la Martinique continue d´être peuplée par les africains ( que le gouvernement francais faisait venir en promettant un retour au pays gratuit après l´abolition de l´esclavage pour soutenir l´économie), par la suite et encore aujourd´hui par  d´autres immigrations : Chinoise, Syrienne et Libanaise.

 

« Mais le « merveilleux » du morne ? Son aura maléfique ? Sa dure promesse ? La dynamite du morne ? Au lieu de cela, des pâmoisons »

 

Aujourd´hui la pluralité culturelle de la Martinique est prise entre consumérisme culturel et recherche identitaire. La prise de conscience des identités noires et métisses est absolument indispensable pour développer le fait historique dont l´île est l´incarnation. Pour cette raison Suzanne Césaire, qui fut la                 l´épouse d´Aimé Césaire, sera convoquée non seulement parce qu´elle est peu connue du grand public mais aussi parce que sa démarche artistique vise à sortir la langue de l´enclave coloniale. Le mouvement de la Négritude auquel elle s´est associée par sa contribution à la revue Tropiques est en effet un des points de départ d´une langue et donc d´un imaginaire métissé et résistant à tout exotisme. Du fait de l´histoire coloniale, mais surtout de la vie quotidienne, du climat, des paysages, des conditions de vie des femmes, et des hommes, des chants, des tragédies.

 

« Allons, la vraie poésie est ailleurs. Loin des rimes, des complaintes, des alizés, des perroquets. Bambous, nous décrétons la mort de la littérature doudou. Et zut à l’hibiscus,  à la frangipane, aux bougainvilliers. La poésie martiniquaise sera cannibale ou ne sera pas. »

 

 

Pour ce projet de mise en scène des textes de Suzanne Césaire, on rencontrera le metteur en scène, acteur, conteur, Hassane Kassi Kouyaté, qui a grandi dans le théâtre aux côtés de son père également acteur, de Peter Brook. Une des figures marquantes du dialogue artistique avec la culture africaine, notamment (mais pas seulement). C´est donc un personnage pour qui le métissage est un fait d´histoire à transmettre, et à développer . A ses côtés Daniel Maximin, qui a réalisé l´adaptation théâtrale des textes de l´auteure, et qui a fait paraître en 2009, un livre rassemblant les écrits de Suzanne Césaire :

Le Grand Camouflage, Ecrits de dissidence, 1945-1949.

 

Suzanne Césaire, Soleil Solaire, les 26 et 27 Mai à 20h

 

 

A l´affiche de cette programmation, un spectacle de Hip-Hop avec la MD Compagny, : « Abstraction » chorégraphié par David Milôme, s´annonce comme un manifeste sur le libre arbitre à travers la danse. Comment traverser un monde bardé d´images qui incitent à consommer, jusqu´à son corps, et à travers les corps des autres qui ne véhiculent que des désirs pré-faits ? Le savoir voir, voilà une clef développée à travers « Abstraction », savoir voir, et reconnaître la propagation de la consommation à travers les corps réduits à représenter des images. La séduction formelle et figée qu´impose le dictat de l´image à travers les clips, la publicité, la mode entre autres peut être contrée par ce choix de savoir distinguer ce que l´on voit , dans et des corps quotidiens.  Installé en Martinique depuis son premier voyage David Milôme organise également des battles de Hip-Hop, en Martinique et aux Etats Unis.

 

A retrouver le JEUDI 26 MAI 14h30

 

 

On le voit bien l´intérêt du festival est de donner à voir et à entendre avec le Mano Césaire Sextet, la poétique du métissage inhérente à la Martinique. Pour présenter le Mano Césaire Sextet, il suffit d´évoquer les instruments : Violoncelle, Violon, percussions, piano, Contrebasse, et le répertoire Mazurkas, Quadrille, Danzon, répertoire caribéen, et martiniquais. Ce répertoire c´est aussi un rêve d´un répertoire martiniquais dont la musicalité donne une géographie des sensations, des imaginaires qui oeuvrent à cette culture.

 

 A retrouver le 28 Mai à 16h

 

 

Pour aller plus loin, ici vous trouverez la musique du groupe Malavoi dont Mano Césaire fut un des fondateurs :

 

 

 

 

« … l’homme vraiment conscient de son éminente dignité est capable de la saisir, non directement, car son secret est aussi impénétrable que le secret de la force vitale elle-même, mais indirectement, dans ses diverses manifestations à travers l’humain. »

Suzanne Césaire

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