Korida

Théâtre de l'Opprimé

  • Date 27/01/16
  • Textes Adrien Cornaggia
  • Mise en scène Maxime Mansion
  • Jeu Marie Cécile Oukil, Joseh Bourillon, Jérôme Quintard, Claire Galopin et Liza Blanchard
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Korrrida !
Le théâtre de L’Opprimé bat son plein, les spectateurs répondent présents, les projecteurs sont en feu, la korida peut commencer…

 
« Korida » est un spectacle crée dans le cadre du festival « En Acte(s) » issu de l’Ecole Nationale des Arts et Techniques du Théâtre de Lyon. Rappelons que le festival en Acte est une tribune pour des jeunes auteurs traitant un sujet d’actualité , mettant leurs textes en confrontation avec un metteur en scène et des comédiens singuliers par définition qui font front commun à la création d’un objet artistique en peu de temps. L’objectif est de questionner un regard sur le monde.

 
Une écriture intelligente
L’auteur, Adrien Cornaggia a choisi de traiter l’actualité dans l’univers médiatique en action, il nous plonge ainsi dans la machinerie médiatique d’une émission de télévision. Nous entrons dans l’espace pour rejoindre notre place de spectateurs, nous passons par la scène pour atteindre les gradins, puis nous comprenons que ces gradins font parti du jeu, que nous sommes aussi sous les projecteurs. La scène ici est un plateau de tournage dont nous sommes à la fois otages et complices. Nous, public, sommes voyeur actifs, témoins passifs d’un fait divers qui nous prend à la gorge, d’un conte d’actualité qui joue avec notre cœur comme deux notes sur un piano.

 
Adrien Cornaggia a choisi de mettre en lumière l’envers du décor, les coulisses d’une émission, les enjeux d’audiences, les pirouettes de l’ombre d’une production télévisuelle. Les personnages ici, au delà de leurs figures caricaturales à l’image de Madame la productrice, nous montrent à quel point cette machinerie faisant d’une réalité une sorte de conte théâtral est avant tout un processus de cœur. Comment le jeu de l’émotion fait ventre avec un fait divers tragique. L’Art de faire croire a ce qui existe.

 
Un jeu formidablement énergique
Une énergie débordante, limite oppressante. L’absurdité du texte percute et touche juste. On sent une très forte complicité entre les acteurs qui jouent avec audace les mots de l’auteur. Le metteur en scène est présent à cour en tant que souffleur de texte. La mécanique est rodée, à croire que les trous de textes font partis du jeu.

 

Et c’est là où la mise en scène est extrêmement efficace, Maxime Mansion et ses acteurs ont réussi à faire des contraintes de lumières et d’espaces une véritable force (aucun changement de lumière, une lumière « face » unique pour toutes les pièces du festival ; un seul espace pour tout le monde, pas ou peu de décors). En incluant le public et en s’adaptant à l’espace du théâtre de l’opprimé, les acteurs ont réussi à nous faire entrer dans leur monde.

 

En somme une Korida totalement réussi, un spectacle qui nous donne presque envie d’allumer notre télévision et rire, surtout rire.

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