Fugue

Théâtre des Bouffes du Nord

  • Date Du 5 au 24 janvier 2016
  • Spectacle musical mis en scène par Samuel Achache
  • Direction musicale Florent Hubert
  • Collaboration artistique Sarah Le Picard
  • Scénographie Lisa Navarro et François Gaultier-Lafaye
  • Lumières Vyara Stefanova et Maël Fabre
  • Costumes Pauline Kieffer
  • Acteurs, musiciens et chanteurs Samuel Achache, Vladislav Galard, Anne-Lise Heimburger, Florent Hubert, Léo Antonin Lutinier et Thibault Perriard
Fugue, Samuel Achache

C’est dans un parterre inondé d’un gravier blanc que se déroule cette histoire qui se passe au pôle sud.  Grande surface enneigée donc, où des explorateurs loufoques se retrouvent. L’intérieur d’un gîte se trouve disposé face à nous, avec la cloison du fond de scène en guise de limite spatiale, puis un lit de camp, un bureau, des instruments de musique (piano, batterie) et une baignoire sur le devant de la scène.

 

Une jeune femme s’installe alors au bureau et se met à écrire ses notes, tout en chantant un air lyrique. Puis un explorateur, visiblement fraîchement arrivé sur les lieux, surgit avec un instrument qui ressemble à une grosse bonbonne de gaz munie d’un système d’allumage qu’il arrive tant bien que mal à faire fonctionner. Il sort un dictaphone de sa poche et enregistre des messages pour raconter son expédition. Il n’est pas arrivé depuis longtemps et racontera des bribes de son interaction avec ses collègues, le quotidien, les beuveries ou expéditions de chasse au phoque. Le récit est décousu mais il se complète par des intermèdes musicaux, clarinette, violoncelle, piano, batterie et chant lyrique. Plus que les mots, leur langage commun est la musique, celle-ci complète les situations comme un prolongement de l’action.

 

Surgit alors un personnage frigorifié et incapable de parler après s’être congelé la langue à un talkie-walkie. Léo-Antonin Lutinier réalise une véritable performance en jouant avec la baignoire, du gaffeur, mais surtout sa voix. Il semble faire partie de la vie passée de la jeune femme et sa présence la met dans tous ses états. L’histoire de chacun des personnages n’est ainsi pas très clairement identifiable et cela peut dérouter quelque peu, mais l’on se détache rapidement de ce besoin de contrôler le récit pour suivre ces acteurs-musiciens formidables. Par exemple, dans la scène de ceux qu’on appelle la jeune femme et le personnage-fantôme, il décrit l’état d’affolement dans lequel elle se trouve en ponctuant de façon très drôle ses faits et gestes avec sa voix.

 

Tous les personnages se retrouvent ainsi sur un plan musical et c’est bien là que converge ce spectacle musical : “la question du tempérament en musique, de l’accord de la composition d’une gamme”. Musiciens aguerris, ils jouent des musiques de la fin du Moyen Âge à la Renaissance, et partent de cet élément théorique de la gamme de Pythagore et du cycle de quintes. Ils improvisent autour de ce questionnement et construisent au plateau une écriture très accessible et sensible pour un public néophyte. Ces explorateurs des pôles musicaux sont drôles, un peu fous, très beaux et terriblement attachants.

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1 Commentaire

  1. Bernouah - 20/01/2016

    Vous avez commis une erreur : le chanteur qui joue la scène de la baignoire n’est pas Samuel Achache (qui ne parle pas dans le spectacle) mais Léo-Antonin Lutinier !