Remises du Grand Prix de littérature dramatique et du Prix de la Belle Saison

Centre national du théâtre

  • Date Le 9 Décembre 2015
Grand prix.odt de littérature dramatique

Nous avons vécu, le Mercredi 9 Décembre 2015 au Centre national du Théâtre (CnT), une belle soirée pour l’écriture dramatique à l’occasion de la remise du Grand Prix de littérature dramatique ainsi que du Prix de la Belle Saison. Cette cérémonie aurait dû se dérouler au Palais de Chaillot le 16 Novembre, mais la mise en place de l’état d’urgence et le choc ressenti ont forcé au silence. La parole reprend alors, avec cette pesanteur mais aussi cette certitude qu’écrire du théâtre aujourd’hui et œuvrer pour l’Art sont des missions cruciales pour les années à venir.

 

 

Le Prix de la Belle Saison récompense un ou des auteurs qui ont particulièrement écrit pour le jeune public. C’est la première année que ce prix est attribué, initié par le Ministère de la Culture et le CnT. Le jury était présidé par Catherine Dan, directrice de la Chartreuse. Le prix ne récompense pas un texte particulier mais l’œuvre orientée vers le jeune public d’un auteur dans son ensemble. La sélection finale comprenait Stéphane Jaubertie, Suzanne Lebeau, Sylvain Levey, Fabrice Melquiot et Karin Serres. Le prix a été attribué cette année à deux auteurs, une canadienne l’autre français, Suzanne Lebeau et Sylvain Levey. Le mari de Suzanne Lebeau était présent pour récupérer le prix et adresser ses remerciements au cours d’un éloge sur les possibilités qu’ouvre la France pour les manifestations culturelles, et plus particulièrement pour l’écriture du théâtre. Ce prix est en effet important car il souligne la volonté du Ministère de la Culture de soutenir la création en direction du jeune public. Le choix de récompenser une œuvre permet alors de mettre en avant un auteur qui s’intéresse depuis longtemps à cette écriture, peu connue mais pourtant très présente, riche et exigeante. Le Prix de la Belle Saison se pérennise et sera donc reconduit l’année prochaine, peut-être sous des modalités d’attribution différentes.

 

 

Dans un deuxième temps, le Grand Prix de littérature dramatique a été descerné à la pièce Bettencourt Boulevard ou une Histoire de France (L’Arche éditeur) de Michel Vinaver. Le Grand Prix, à la différence de la Belle Saison, récompense un texte et non pas un auteur. La sélection finale était de grande qualité.  Lilli/HEINER intra muros (Lucie Depauw/Edition Koïnè), Sauver la peau (David Léon/Editions Espaces 34), Chaine de Montage (Suzanne Lebeau) et La fusillade sur une plage en Allemagne (Simon Diard/Editions Théâtre Ouvert-Tapuscrits) étaient également en compétition. Bettencourt Boulevard, pièce intense, complexe et importante pour cette étrange histoire de collusion politique et financière qu’est l’Affaire Bettencourt est un reflet de l’œuvre très riche de Michel Vinaver. Le jury, présidé par Jean-René Lemoine, n’a pas manqué de préciser que si la sélection avait été très complexe. Mais Bettencourt Boulevard a fini par s’imposer pour la part qu’elle donne à cette mystérieuse histoire. Michel Vinaver, au cours d’un touchant discours, nous a confié que le départ de la pièce venait d’une envie de donner une forme poétique à une histoire profondément ancrée dans celle de la politique française et de ses contradictions. La force de la poésie dramatique peut également servir à cela : creuser dans l’histoire pour en donner sa forme trouée, parcellaire. La poésie dramatique transforme le réel pour l’élever au mythe et permettre à une société de se regarder autrement. Ce prix a alors d’autant plus de sens en cette fin d’année où la nation française ne sait plus vraiment où elle va et si elle peut faire confiance à ceux qui conduisent le bateau en pleine tempête.

 

C’était une belle soirée. Une belle soirée où on comprend qu’écrire du théâtre, cette « poésie qui descend dans la rue » (Federico Garcia Lorca) pour tous les publics a du sens. Une belle soirée où le théâtre pour les jeunes est aussi important que pour tous les autres publics. Une belle soirée qui fait vivre une écriture qui est peu connue du grand public mais pourtant immédiate, au présent et soucieuse de la société qu’elle tente de peindre. Le Souffleur rencontrera bientôt les lauréats pour rendre compte de la richesse de leurs écritures et de leurs démarches. Continuez à nous lire !

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