Les fils de la terre

Théâtre 13

  • Date Jusqu'au 18 octobre
  • Adaptation et mise en scène Elise Noiraud
  • Avec Benjamin Bernière, François Brunet, Sandrine Deschamps, Julie Deyre, Sylvain Procher, Vincent Remoissenet
  • Scénographie et lumières Philippe Sazerat
  • Création sonore François Salmon et Adrien Soulier
  • Costumes Mélidande de Serres
  • Aide materielle Compagnie Étincelles-Audervilliers
photo 2

La pièce est une adaptation libre du documentaire Les fils de la terre d’Edouard Bergeon diffusé pour la première fois sur France 2 le 28 février 2012.*

C’est l’histoire de Sébastien, jeune agriculteur destiné à travailler à la ferme et vivre de sa terre. Entre rapport paternel conflictuel et rapport économique brutal, l’entreprise familiale est au bord de la faillite. Sébastien est face à son libre choix : celui de son indépendance ou celui de son destin, de sa continuité.

 

 
Une mise en scène simple et efficace

 

Elise Noiraud a choisi de mettre en scène cette tragédie sous forme de saynètes, de flash back, comme une sorte de conte : « j’ai choisi d’écrire un texte qui soit une succession de scènes assez courtes, pour permettre à l’histoire de se construire par bribes progressives, comme des bulles narratives, des flashs. Il ne s’agit pas de tout expliquer mais, au contraire, de comprendre entre les lignes ce qui est en jeu dans cette famille de « taiseux » ».

 

Là encore, une scénographie simple et efficace, trois espaces principaux convoquent le jeu : la maison du fils, un canapé ; la maison des parents, une longue table en bois ; la ferme, un tas de foin et des seaux en étain. Cette modeste scénographie est à mon sens l’une des clefs de ce spectacle car en plus d’ouvrir l’imaginaire du spectateur, elle agrandit l’espace de jeu et nous donne une vraie impression de profondeur.

 

 

L’investissement du texte

 

 

L’investissement des acteurs, porteurs d’une même histoire allant dans le même sens est aussi l’une des forces de ce spectacle qui vit en grande parti grâce au rythme de ses transitions. Les acteurs jouent tous au moins deux personnages. Toute en gardant leurs personnages principaux, ils incarnent et désincarnent avec énergie et plaisir leurs partitions de jeu.

 

Le seul point « négatif » serait peut être, et c’est l’une des tares de beaucoup de tragédies, celui de vouloir faire tragédie en oubliant un peu la comédie, la dérision, le cynisme, la violence des mots et des silences. Et c’est en cela que la tragédie devient excessivement drôle, comme dans le fils à la mère de Daniel Lemahieu où la tragédie sociale devient une comédie férocement humaine.

 

Et pourtant il y en avait des moments drôles, des silences glaciaux dans ce spectacle mais ils étaient à mon sens, un peu survolés ou dévalués par cette envie de vouloir rendre compte d’une tragédie sociale et donc consciemment ou non de faire tragédie.

 

 

Un partage réussi

 

 

Il est vrai aussi qu’aborder ce sujet là en s’inspirant d’un documentaire qui lui-même – peu importe sa sincérité ou sa bienveillance – est une mise en scène en soi, peut amener l’entrain artistique vers cette tragédie là, une sorte de caricature d’un monde.

 

Et c’est peut-être là où l’alchimie de la scène a opéré dans ce spectacle, c’est ce moment où l’histoire d’un monde, la restitution d’un moment fait corps avec l’engagement des acteurs, la mise en abîme d’un mouvement.

 

Cette confrontation, cette fusion entre réalité sociale et fiction nous donne l’impression que cette histoire, quelque part, c’est aussi la nôtre. Et c’est en cela aussi que cette pièce, ce point de vue, n’est surtout pas la caricature d’un monde mais l’histoire d’un monde qui n’est autre que la métaphore de notre monde à tous.

 

Les fils de la terre nous donnent donc un spectacle fort et émouvant, ils nous entraînent dans leur monde, dans leur univers pour nous en offrir l’histoire.

 

*Extrait : https://www.youtube.com/watch?v=gCgEQW7I_2k

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *