Le Cabinet des curiosités

Le Proscenium

  • Date 13, 14, 20 et 21 mars 2015

Fabrice Melquiot est reconnu pour ses pièces de guerre, tragiques et lyriques, mais on sait moins qu’il a écrit des pièces plus légères comme Bouli Miro ou Le Cabinet des curiosités. Habiles et facétieuses, elles sont idéales pour les jeux du théâtre et de la langue. Elles sont également parfaites pour les jeunes comédiens en découverte de sens. La direction donnée par la lumineuse Solène Cornu réussit très bien à nous transmettre la joie et la légèreté de cette écriture. Sa mise en scène, dynamique et efficace, compense largement un jeu d’acteur parfois inégal.

 

C’est avec un grand sourire que l’on quitte le Proscenium après avoir vu cette jolie mise en scène de Solène Cornu. La pièce nous dit l’excitation et le trac de quatre comédiens qui se racontent une histoire pour se donner du courage. Ils traversent leur peur et la transforme au fil d’un récit qu’ils inventent ensemble avant d’entrer en scène. Ça tombe bien, nous sommes dans un théâtre, et tous les costumes sont à disposition.

 

Les acteurs racontent donc une histoire d’amour, une quête adolescente dans un pays imaginaire. Et comme souvent, cette quête dépasse les acteurs qui se mettent à croire à leur histoire, si bien que la frontière avec la réalité s’estompe. Et comme la situation de réalité est elle-même imaginée, alors on joue qu’on joue au théâtre. C’est cette situation de jeu pris pour lui-même que les jeunes comédiens nous transmettent : ce pur plaisir de la scène, les jeux de mots, de corps et de situation.

 

L’élaboration du conte est rythmée par la voix du régisseur, qui annonce régulièrement le temps qui passe, au bout duquel les jeunes comédiens devront monter sur scène. Le trac monte et l’histoire s’emballe… pour notre plus grand plaisir. Le conte est aussi rythmé par les passages de relais des comédiens qui échangent leurs rôles en fonction de la durée de leur séjour aux toilettes, plus ou moins longs. Qui est déjà monté sur scène comprendra l’importance de ce lieu et les nécessités impérieuses qui amènent à le fréquenter avant une représentation.

 

Le bémol à ce joyeux moment de théâtre est le jeu d’acteur, un peu vert encore. On peut regretter par exemple certains systématismes, certaines interprétations un peu trop en mode Nabila (comme si les sous-textes étaient imprégnés du fameux « non, mais allô quoi » que le monde nous envie, mais qui a valu à sa locutrice un séjour en prison). Le travestissement aussi, très « cage aux folles », qui, même s’il est efficace, laisse penser qu’il y a sûrement mieux à faire. Mais l’ensemble passe plutôt très bien, et les acteurs sont joyeux et bons dans leur interprétation, même lorsqu’ils se laissent aller, par leur jeunesse, à de trop grandes facilités. Pour conclure, aller voir ce Cabinet des curiosités, c’est l’assurance de passer un bon moment de théâtre en bonne jeune compagnie.

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