La Dernière idole

Autres théâtres

  • Date Du 4 au 6 mars
  • Mains d'Oeuvres
  • texte et mise en scène Hélène François et Émilie Vandenameele
  • avec Pierre-François Garel
  • création lumière Étienne Exbrayat
  • création sonore Thomas Beau
  • création vidéo Ugo Mechri
nouvelle idole

Hélène François et Émilie Vandenameele sont deux metteures en scène qui fondent le Groupe ACM. Il sort tout juste d’une résidence longue à Mains d’Oeuvres. Voici comment elles présentent leur dernière création :

 

La dernière idole est une fiction inspirée de nombreuses lectures et de rêves autour d’une figure célèbre. Nous l’avons élaborée à partir de notre imaginaire et de faits réels.

 

Mystère donc sur l’identité de cette fameuse dernière idole. Et c’est plutôt agréable de recevoir le spectacle dans cette ouverture d’esprit et une certaine curiosité. Que l’on soit féru de chanson française — c’est tout de même de ça qu’il s’agit, premier spoiler —ou que l’on s’en moque éperdument, la saveur de ce texte pensé et ciselé pour un acteur extraordinaire reste entière.


En entrant dans l’espace gymnase de Mains d’Oeuvre, on découvre Pierre-François Garel seul, assis devant un banquet un peu ripaille, un peu Cène christique, style Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, image présente à peu près partout dans le paysage urbain. A lui tout seul, Pierre-François Garel incarne tous les personnages de cette histoire pop art, et sa palette de jeu nous tient à bout de souffle une heure durant. Habitué des plus grandes scènes françaises et des tournées sur les routes de France, il s’escrime ici à un exercice beaucoup plus périlleux. Le décor épuré n’est qu’une toile de fond, il ne touchera pas à ce festin et effleurera à peine le micro posé là comme une promesse. Il incarne peu à peu les succès et les excès de cette idole sur le déclin, s’appuyant sans cesse sur le public.

 

 

C’est peut-être là la trouvaille de ce spectacle : très écrit et rythmé, il trouve sa place en racontant une histoire de scène. Et Pierre-François Garel ne s’y trompe pas avec ses allers-retours incessants vers le public. Il est le réceptacle de toutes les émotions qui le traversent, de l’ego surdimensionné — il martèle sans cesse « je fais le job » — au malaise d’une vie où tous les faits et gestes sont scrutés. Les metteures en scène font confiance dans les ressorts les plus simples (en apparence) et efficaces dont dispose le théâtre. D’un changement de regard, d’une intonation, en courbant légèrement l’échine, Pierre-François Garel transforme ainsi son drôle de personnage, sa propre bête de scène. Car la pièce est historique et jongle allègrement avec la chronologie de cette star que l’on reconnaît bien assez vite. Tout en finesse, ce spectacle construit peu à peu une figure publique qui peuple l’imaginaire collectif français. En se frottant à lui à la première personne, Pierre-François Garel nous attire et nous éloigne de cet être boursouflé et démesuré, avant que le ciel ne lui tombe sur la tête :

 

Avant de partir je voudrais vous dire une chose : vous êtes FORMIDABLES !

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